Parfois à boire, qu'on voit danser, plate, belle, ou agitée. Toujours libre. Fluide en mouvement perpétuel, que la science n'a pas pu emprisonné dans ses équations. Immensité liquide à la couleur changeante et indéfinie, dont ni les peintres, ni les photographes n'ont pu capturer l'image. 75% de la surface du globe, et ce n'est qu'un début, au vu de l'évolution du climat...
Pourquoi alors restreindre son champ des possibles aux seules terres immergés ?
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La rencontre a lieu un été indéterminé, entre 0 et 2 ans environ, à Saint-Georges de Didonne, en Charente-Maritime. A l'arrière d'une grosse volvo verte, je scrute par dessus le siège pour saisir le moment exact où, dans un sommet de côte, j'apercevrai l'immensité bleue. ça y est je la vois ! Non ? C'est encore le ciel bleu ébouissant... Et là ? ça y est ? Oui ! C'est elle. C'est la mer ! Je barbotte quelques années dans la petite mer, sans vague, plus chaude, où j'ai pieds, derrière les petites lagunes dévoilées par le jusant. Je ne sais pas nager. Pourtant, un grand, au maillot de bain rouge délavé, me pousse vers les petits rouleaux. Je suis terrorisé. Pas par les paparazzi armés de la caméra super 8 familiale qui fixent mes faits et gestes pour les générations futures, mais par ce monstre, devant moi, à la bouche mousseuse et grondante qui vient saliver jusqu'à mes pieds, après s'être écrasé sur le sable. Je m'éloigne affolé. Plus tard, après avoir glanné, auprès du grand au maillot délavé, une formidable collection de Majorettes, pour chaque mètre en avant ou chaque seconde passée la tête dans la gueule du monstre, je finis par admettre que le monstre peut être gentil, comme Casimir... Le soir, depuis le belvédère de la grande plage de Saint-Georges, en mangeant les chichis de chez Ténardier, l’aubergiste de la plage, je m’initie à la navigation en faisant mes premiers relèvements. Mes amers sont les grues du Verdon, le phare de Royan, la pointe de grave et bien sûr, Cordouan, le plus beau des phares, qui a ma faveur, à cause des nombreuses légendes dont il est le cadre. Vers 8-9 ans, à présent que le monstre me fait moins peur et après m’être longuement exercé au matelotage et aux nœuds plus ou moins marins, épuisant toutes les ressources d’accastillage possibles de la maison (sœurs, tiroirs de meubles, chaises, tables, portes, ficelle de cuisine, cordons e peignoir et de robe de chambre, etc.), il est temps de flotter et de tirer mes premiers bords. Ma première embarcation est une planche Aurore de 25 kg, à dérive escamotable, surmontée d’une voile blanche de 2 m2, triangulaire, blanche, avec 3 rayures marron, orange et jaune. Déjà, et bien que mes premiers plans d’eau soient fermés et non salés, ma fibre d’explorateur n’en est pas moins sollicitée : ma témérité et le maillot de bain rouge délavé (encore-là celui-là !) me poussent à franchir la mer des ténèbres, une zone d’eaux sombre et profonde scindant l’étang landais de Sanguinet, pour aller de l’autre côté, au paradis, là où le sable est un délicat trésor blanc et fin. Au cours de mes différentes expéditions, j’en rapporte plusieurs poignées dans ma combinaison, afin de prouver mon exploit aux éventuels contestataires. A 14 ans, je découvre Oderdy. Magnifique. Dériveur, en bois de 3m60, modèle unique conçu et construit aux chantiers Penot de Bonneuil-Matours dans le milieu des années 60. Lors de son séjour prolongé de plusieurs années dans une grange, Oderdy a subi les assauts de plusieurs crues mais pas celui du temps : le gréement est en parfait état de marche. Un bon décapage suivi de 3 ou 4 couches de vernis marine et voilà Oderdy à l’eau pour une deuxième jeunesse. A son bord, je m’initie aux subtilités du réglage de voile, et connaît mes premières fortunes de mer, si l’on peut appeler ainsi des dessalages ou des démâtages sur le lac de Saint-Cyr ou sur la Vienne. Tout au long de l’enfance, et de l’adolescence, en complément à la pratique pure de la voile apportée par Oderdy et la planche à voile, je participe à des stages spécifiques au centre d’entraînement du Trait :
Dans les rares moments de relâche que je réussi à m’octroyer entre 2 cours, je développe le « will to go » et ma soif de découverte de nouveaux horizons. Mes collections de timbres et de pièces de monnaie de pays étrangers interpellent ma curiosité, lorsque je découvre des noms de pays aussi mélodieux qu’étranges : « Kampuchea », « Myanmar », « Brunei », « Oman », « Sao Tome e principe »… Triomphant, je punaise, sur le grand planisphère qui trône sur un mur de ma chambre, les drapeaux des pays pour lesquels j’ai au moins un timbre ou une pièce et que je parviens à identifier. Je commence à rêver d’aller visiter chacune de ces contrées. Surtout, j’entrevois le vrai goût de l’exploration et de l’aventure au cours des nombreuses escapades dans les ruisseaux du mille-bois, du riveau et de sa grotte, de la rivière et des ses îles sableuses en aval du barrage électrique, ou dans les forêts environnantes. Rien d’étonnant, finalement, après avoir baigné dans un tel environnement, qu’une fois étudiant, je saute sur la première occasion qui m’est offerte de partir en mer sur un habitable. Croisière ou régate, je m’en fous dans un premier temps, je veux naviguer.
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| ODERDY |
CORSE 1998 |
BALEARES 1999 | GRECE 2000 |
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TOUR DE FRANCE A LA VOILE 2001
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L'ODYSSEE DU CARAQUE
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