nouvelle-calédonie

7 janvier 2005, je quitte Paris pour Nouméa via Tokyo. 23 heures de vol. Quelque part au-dessus de la Sibérie. Vision fugace de méandres de rivières au crépuscule. Plus tard, le relief d’une chaîne de montagne perdue au milieu de plateaux désertiques. Image surnaturelle d’un monde qu’on domine, qu’on voit dans un bocal et qu’on ne peut pourtant pas saisir. Une irrésistible envie de descendre dans ce paysage et d’y explorer ce qui est explorable. Où était-ce ? Dans un demi-sommeil, mes songes m'emportent vers la Nouvelle-Calédonie et tentent de modeler en paysages, ce qui n'est pour l'instant qu'un nom sur un fond blanc.
9 janvier 2005, site de la mine de Goro et premier contact avec mon environnement de travail. Le camp est austère. Une boule me monte à la gorge lorsque je découvre la chambre. heureusement, le poste semble intéressant et le cadre des montagnes du Sud de l'île est magnifique.
 

Seule touche architecturale, le faré, en plein milieu du camp, construction typique de la Nouvelle-Calédonie, dont la toiture est exclusivement végétale : bois dur, feuilles de bananier tressées et chaume. Les poteaux sont en bois et sculptés d'animaux et visages grimaçants. Ce faré est destiné au protocole de la société exploitant la mine. Accessoirement, c'est bien agréable d'y taper le carton, le soir après dîner. La toiture rend une accoustique étonnament feutrée et apaisante.

14 janvier 2005. De retour de brousse, c'est mon premier week-end à Nouméa. Le climat contraste avec celui de Goro où il a plu toute la semaine. La chaleur de midi est étouffante. Je ne suis pas encore acclimaté comme en témoignent plusieurs tentatives de footing peu concluantes. Je découvre cette ville. La côte dessine des courbes douces et harmonieuses pour ouvrir des baies bien abritées séparées par des petites collines offrant de jolis points de vue sur le lagon. Chaque plage a ses adeptes : les planchistes sont dans l'anse Vata, les kite-surfistes vont à la pointe Mangin, plus ventée, des familles viennent passer leur dimanche à se prélasser sous les cocotiers de la baie des citrons, ou, plus sauvage, au bout de la presqu'île de Nouville, dans l'Anse Kuendu.

île des pins lifou Canala